En bref Le chiffre de 120 g de glucides par heure s’est imposé dans les récits de course et les publications de nutrition sportive. Il correspond toutefois à une possibilité étudiée chez des athlètes entraînés, pas à une dose universelle. La bonne question n’est pas « combien puis-je avaler ? », mais « quelle quantité sert le travail demandé, dans les conditions où je vais réellement le faire ? ».
1. Pourquoi 120 g/h est devenu une tendance Pendant longtemps, les repères les plus utilisés se situaient autour de 30 à 60 g/h, puis jusqu’à environ 90 g/h pour les efforts dépassant deux heures et demie. Ces fourchettes restent présentes dans les recommandations et les revues de référence. La nouveauté récente est surtout la visibilité donnée aux stratégies d’athlètes d’élite qui consomment 100 à 120 g/h, parfois davantage, pendant les séances et les compétitions.
2. Ce que 120 g/h peut changer — et ce qu’il ne prouve pas Les glucides consommés pendant un effort prolongé peuvent contribuer à maintenir la disponibilité du glucose et à soutenir une intensité élevée. Une source unique, comme le glucose ou la maltodextrine, utilise principalement le transporteur intestinal SGLT1 et atteint souvent un plafond pratique proche de 60 g/h. Associer du glucose à du fructose recrute une autre voie de transport, GLUT5, ce qui peut augmenter l’oxydation des glucides exogènes.
3. Les limites d’un chiffre universel Le premier piège consiste à transformer une stratégie d’élite en seuil minimal pour tout le monde. La quantité pertinente dépend du travail demandé : une séance facile de 75 minutes, un marathon de trois heures et une étape cycliste de cinq heures ne sollicitent pas les mêmes voies énergétiques. À faible intensité, 120 g/h peut dépasser le besoin et augmenter inutilement la charge digestive et logistique.
4. Comment individualiser son ravitaillement Commencez par la durée et l’intensité prévues. Pour un effort inférieur à environ une heure, aucun apport pendant l’exercice n’est souvent nécessaire si le départ est correctement alimenté. Entre une et deux heures et demie, 30 à 60 g/h constituent un point de départ courant lorsque l’intensité ou la durée le justifie. Au-delà de deux heures et demie à trois heures, certains athlètes entraînés peuvent progresser vers 60 à 90 g/h. 120 g/h ne vient qu’après ces étapes, si l’épreuve et la tolérance le justifient.
5. Choisir les formats sans se laisser guider par le marketing Les boissons permettent de combiner glucides et hydratation, mais leur concentration et le volume disponible doivent rester compatibles avec la soif et la chaleur. Les gels sont compacts et faciles à compter, mais peuvent être très concentrés et nécessitent parfois de l’eau. Les gommes et les aliments simples peuvent varier la texture et le goût ; les aliments solides sont parfois plus difficiles à mâcher à haute intensité.
6. Le rôle du « gut training » La tolérance aux glucides pendant l’effort peut s’améliorer avec la pratique. Les études et les ressources de terrain décrivent une progression sur plusieurs semaines, en répétant la stratégie dans des séances proches de l’épreuve. Cette pratique peut aider à mieux gérer le volume, le goût et le moment des prises ; elle ne garantit pas que 120 g/h sera utile ou tolérable.
7. Une décision simple pour le jour J Avant de choisir 120 g/h, répondez à cinq questions : l’effort dure-t-il assez longtemps pour que l’apport élevé ait un intérêt ? L’intensité demande-t-elle une forte disponibilité glucidique ? Ai-je testé la dose dans la même discipline ? Puis-je boire suffisamment sans excès ? Ma stratégie reste-t-elle agréable et praticable ?
09FAQ ### 120 g/h est-il le nouveau minimum ? Non. C’est une dose étudiée ou rapportée chez certains athlètes entraînés, pas un minimum universel.
01Faut-il toujours mélanger glucose et fructose ? Non. Le mélange devient surtout pertinent quand on vise des apports élevés ; à dose modérée, une source familière peut suffire.
02Pourquoi ai-je des troubles digestifs à 120 g/h ? La dose, la concentration, le volume de boisson, la chaleur, l’intensité, les impacts et le manque de pratique peuvent intervenir. Réduisez et testez méthodiquement.
03Le vélo permet-il toujours de manger plus que la course ? Non, mais les impacts de la course peuvent rendre les apports élevés plus difficiles chez certaines personnes. La discipline et les conditions doivent être testées séparément.
Sources
Études évaluées par les pairs et références institutionnelles utilisées pour cet article.
- 1Journal of Nutrition· 2026Revue systématiqueProbable
athlètes d’endurance, revue narrative contemporaine
Consulter la source - 2Sports Medicine· 2026Revue systématiqueLimité
athlètes d’endurance, revue des apports ultra-élevés
Consulter la source - 3Journal of Applied Physiology· 2026Essai contrôlé randomiséLimité
huit marathoniens masculins d’élite · 8 participants
Consulter la source - 4Nutrients· 2020Essai contrôlé randomiséLimité
coureurs d’élite, marathon de montagne · 21 participants
Consulter la source - 5International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism· 2011Recommandation officielleÉtabli
adultes pratiquant l’endurance
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Tomás Leal
Works with endurance athletes on periodised fuelling strategies.
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