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Ginkgo biloba: mémoire, circulation et interactions, ce que disent les preuves

Ginkgo biloba: mémoire, circulation et interactions, ce que disent les preuves

Le ginkgo biloba est vendu pour la mémoire, mais les preuves sont limitées à des extraits précis et ne montrent pas de prévention de la démence. Attention au risque de saignement.

5Sources
4Allégations validées
ÉtabliPreuve dominante

L'ESSENTIEL

Avant d'aller plus loin.

Le ginkgo biloba est vendu pour la mémoire, mais les preuves sont limitées à des extraits précis et ne montrent pas de prévention de la démence. Attention au risque de saignement.

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Le ginkgo biloba est souvent présenté comme la plante de la mémoire et de la circulation. Son image d'arbre millénaire, seul survivant d'une famille botanique ancienne, contribue à son aura. La réalité scientifique est cependant plus étroite et bien plus technique. Les recherches qui suggèrent un intérêt clinique portent presque exclusivement sur des extraits de feuilles hautement purifiés et fabriqués selon un procédé précis, et non sur une feuille cueillie, une poudre quelconque ou n’importe quelle gélule vendue en ligne. Comprendre cette différence est la première étape pour évaluer si le ginkgo a une place dans votre stratégie de santé.

Pour la prévention d'une démence chez les personnes âgées, les essais cliniques les plus solides et les plus longs ne montrent aucun bénéfice. C'est une conclusion ferme qui contredit de nombreuses allégations marketing. En revanche, chez certaines personnes déjà atteintes d’une démence légère à modérée, un extrait standardisé spécifique a parfois permis d'améliorer légèrement des scores de cognition ou d’autonomie dans les activités quotidiennes. L'ampleur et l'intérêt concret de cet effet restent toutefois discutés au sein de la communauté médicale, et ne constituent en rien un remède.

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De quelle préparation parle-t-on?

Le terme « ginkgo » sur une boîte de complément ne garantit rien sur la nature et la qualité du produit. Le ginkgo utilisé dans la majorité des études cliniques crédibles est un extrait sec de feuilles, dont la composition est rigoureusement contrôlée. Ce processus n'est pas anodin et explique pourquoi tous les produits ne sont pas interchangeables.

L’extrait le plus étudié, connu sous le nom d'EGb 761, est le fruit d’un processus de fabrication complexe en plusieurs étapes. Les feuilles sont d'abord séchées, puis subissent une extraction avec un mélange d'acétone et d'eau. Cet extrait brut est ensuite purifié pour éliminer des substances indésirables, notamment les acides ginkgoliques. Ces derniers sont potentiellement allergisants et toxiques, et leur concentration dans les extraits de qualité est limitée à un seuil très bas (moins de 5 parties par million, ou ppm). Enfin, l'extrait est concentré et standardisé pour garantir une teneur constante en composés considérés comme actifs : typiquement, 22-27% de glycosides de flavonol (des antioxydants) et 5-7% de lactones terpéniques (ginkgolides et bilobalide), qui sont spécifiques au ginkgo et agiraient sur la circulation et les plaquettes.

Cette standardisation est ce qui différencie un extrait de qualité pharmaceutique d'une simple poudre de feuilles séchées ou d'une teinture mère. Une poudre brute contient tous les composants de la feuille, y compris une grande quantité d'acides ginkgoliques, et une concentration faible et variable des composés actifs. Ses effets sont donc imprévisibles et potentiellement plus risqués. Un extrait non standardisé, même s'il est plus concentré qu'une poudre, n'offre aucune garantie sur sa composition. Transposer les résultats obtenus avec l'EGb 761 à ces produits est un raccourci scientifiquement invalide.

Les graines et la plante brute sont une autre affaire. Le NCCIH, l’agence fédérale américaine consacrée aux approches complémentaires de santé, rappelle que les graines fraîches (crues) sont toxiques et peuvent provoquer des convulsions graves, voire la mort. Elles contiennent une toxine (la ginkgotoxine ou 4'-O-méthylpyridoxine) qui interfère avec l'activité de la vitamine B6. Même les graines grillées, consommées traditionnellement en Asie, ne sont pas sans risque si ingérées en grande quantité. Les feuilles brutes posent également un problème en raison de leur teneur élevée en acides ginkgoliques.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît un « usage médical bien établi » pour l'extrait standardisé EGb 761 dans « l'amélioration du déclin cognitif lié à l'âge et de la qualité de vie dans la démence légère ». Elle reconnaît aussi un « usage traditionnel » pour d'autres extraits secs quantifiés pour soulager les jambes lourdes ou la sensation de mains et de pieds froids liés à des troubles circulatoires mineurs. Cela ne signifie pas que tous les compléments alimentaires vendus en Europe bénéficient du même niveau de contrôle ou peuvent faire les mêmes allégations. Sur l'étiquette, le nom botanique (Ginkgo biloba L.), la partie utilisée (feuille), la quantité d'extrait par dose, le ratio d'extraction (ex: 50:1, signifiant que 50 kg de feuilles ont été utilisés pour obtenir 1 kg d'extrait) et la standardisation en composés actifs comptent bien plus que le simple mot « ginkgo ».

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Mémoire: prévention, vieillissement normal et démence

La question « le ginkgo améliore-t-il la mémoire ? » est trop vague. Elle mélange des situations très différentes qui nécessitent des réponses distinctes : une personne en bonne santé qui souhaite optimiser ses performances intellectuelles, une personne qui s'inquiète de légers oublis liés à l'âge, une personne ayant un trouble cognitif léger diagnostiqué, ou une personne chez qui une démence a été confirmée.

Prévention de la démence : un échec clair. La plus grande étude sur ce sujet, l'essai Ginkgo Evaluation of Memory (GEM), a fourni une réponse nette. Publiée en 2008, elle a suivi 3 069 adultes âgés de 75 ans et plus, qui avaient une cognition normale ou un trouble cognitif léger au début de l'étude. Ils ont reçu soit 120 mg d'extrait de ginkgo standardisé (EGb 761) deux fois par jour (240 mg/jour au total), soit un placebo. Après un suivi moyen de 6,1 ans, les chercheurs ont constaté que le ginkgo n'avait absolument pas réduit l'incidence globale des démences, ni spécifiquement celle de la maladie d’Alzheimer. Ce résultat robuste et décevant a conduit la plupart des organisations médicales à ne pas recommander le ginkgo pour la prévention du déclin cognitif.

Vieillissement cognitif normal : des preuves décevantes. Beaucoup de personnes en bonne santé, jeunes ou d'âge moyen, prennent du ginkgo dans l'espoir d'améliorer leur mémoire, leur concentration ou leur vivacité d'esprit. Malheureusement, les preuves scientifiques pour cet usage sont faibles et contradictoires. De nombreuses études ont été menées, mais elles sont souvent de petite taille, de courte durée, utilisent des produits non standardisés ou présentent des faiblesses méthodologiques. Les revues systématiques de la littérature concluent généralement qu'il n'y a pas de preuve convaincante que le ginkgo améliore les fonctions cognitives chez les personnes en bonne santé de moins de 60 ans. Un oubli occasionnel fait partie du fonctionnement normal du cerveau; il est rarement le signe d'un problème nécessitant un complément. Une bonne hygiène de vie, incluant un sommeil de qualité, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, est bien plus efficace.

Trouble cognitif léger (TCL) : une zone grise. Le TCL (ou MCI en anglais) est un état intermédiaire entre le vieillissement cognitif normal et la démence. La personne (ou son entourage) remarque un déclin de la mémoire ou d'autres capacités intellectuelles, mais cela n'entrave pas son indépendance dans les activités quotidiennes. Dans l'étude GEM, le ginkgo n'a pas non plus ralenti la progression du TCL vers la démence. D'autres études plus petites ont donné des résultats mitigés. La revue Cochrane de 2026, qui analyse l'ensemble des données, conclut que les effets sont incertains et que les preuves sont de qualité faible à modérée. Le ginkgo ne peut donc pas être recommandé comme traitement fiable du TCL.

Démence avérée : un effet modeste et débattu. C'est ici que le tableau est le plus nuancé. Pour les personnes ayant déjà un diagnostic de démence (type Alzheimer ou vasculaire), légère à modérée, certaines études suggèrent un bénéfice. La méta-analyse de 2025 citée dans les sources, portant sur quatre essais et 782 personnes, a trouvé que 240 mg par jour de l'extrait EGb 761 apportait un bénéfice statistiquement significatif sur les échelles de cognition (comme l'ADAS-Cog) et les activités de la vie quotidienne par rapport au placebo. La revue Cochrane de 2026 va dans le même sens, évoquant un bénéfice modeste à six mois.

L'ampleur de l'effet est comparable, dans certaines études, à celle des médicaments de première ligne comme les inhibiteurs de la cholinestérase, mais avec un profil de tolérance souvent perçu comme meilleur. Cependant, tous les experts ne sont pas convaincus de la pertinence clinique de ces améliorations de score. En Allemagne, l'extrait EGb 761 est un médicament sur ordonnance pour cette indication. Ailleurs, il reste un complément alimentaire, et son usage doit être discuté avec l'équipe soignante.

03

« Circulation »: ce que l’on peut dire, et ce que l’on ne peut pas dire

Le mot « circulation » est un terme marketing pratique car il recouvre des réalités très diverses : jambes lourdes, maladie artérielle des jambes, troubles de la mémoire liés à l'âge, vertiges, acouphènes, ou simple sensation de froid aux extrémités. Un mécanisme d'action plausible observé en laboratoire – comme un effet sur le tonus des vaisseaux sanguins (vasodilatation), une diminution de la viscosité du sang ou une action antioxydante – ne suffit pas à démontrer un bénéfice concret pour les patients. Les preuves doivent être évaluées pour chaque condition spécifique.

Selon le NCCIH, les données actuelles ne soutiennent pas l’usage du ginkgo pour prévenir une maladie cardiaque ou un AVC, ni pour traiter l’hypertension artérielle. Il ne remplace en aucun cas les piliers de la prévention cardiovasculaire : l’activité physique adaptée, l’arrêt du tabac, le contrôle de la tension artérielle, la gestion du cholestérol et les traitements médicamenteux prescrits.

Claudication intermittente. Cette condition, due à l'athérosclérose des artères des jambes, provoque une douleur de type crampe dans les mollets lors de la marche, forçant à l'arrêt. Plusieurs études ont évalué le ginkgo pour cette indication. Une revue Cochrane a conclu que les personnes prenant du ginkgo pouvaient marcher en moyenne 64 mètres de plus sans douleur par rapport au placebo. C'est un effet statistiquement significatif, mais modeste. Les programmes d'exercice supervisé restent le traitement non pharmacologique le plus efficace.

Acouphènes (tinnitus). C'est l'un des usages les plus fréquents et les plus décevants du ginkgo. Malgré son utilisation répandue, de multiples études de bonne qualité ont montré que le ginkgo n'est pas plus efficace qu'un placebo pour réduire le volume ou la gêne des acouphènes, en particulier lorsqu'ils sont chroniques (présents depuis plus de 6 mois). Les lignes directrices de l'American Academy of Otolaryngology recommandent spécifiquement de ne pas utiliser le ginkgo pour le traitement des acouphènes chroniques.

Vertiges et troubles de l'équilibre. Pour les vertiges et les troubles de l'équilibre d'origine vasculaire présumée, certaines études, notamment avec l'extrait EGb 761, ont montré une supériorité par rapport au placebo. Cependant, un vertige est un symptôme qui impose un diagnostic médical précis pour en trouver la cause (oreille interne, problème neurologique, cardiovasculaire, etc.) avant d'envisager un traitement. L'automédication est ici risquée.

Pour d'autres troubles comme le phénomène de Raynaud (doigts qui deviennent blancs et douloureux au froid), les preuves sont très limitées et non concluantes. Pour l'insuffisance veineuse (jambes lourdes), d'autres plantes comme le marronnier d'Inde ou la vigne rouge disposent de preuves plus spécifiques.

Un acouphène récent, une perte d’audition brutale, une faiblesse d’un côté du corps, un trouble soudain de la parole, une douleur thoracique ou une crampe intense et nouvelle dans la jambe exigent un avis médical en urgence. Un complément ne doit jamais retarder cette évaluation vitale.

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Interactions et risque de saignement

C'est l'aspect le plus important en matière de sécurité. Le ginkgo, par l'action des ginkgolides, peut réduire l'agrégation des plaquettes sanguines, un peu à la manière de l'aspirine. Il peut donc augmenter le risque de saignement, surtout lorsqu'il est associé à des médicaments qui ont le même effet.

Les données ne sont pas uniformes : certaines études pharmacologiques n’ont pas retrouvé d’interaction mesurable avec la warfarine (Coumadine®), un anticoagulant. En revanche, une grande étude observationnelle menée en 2015 chez des anciens combattants américains a associé la prise conjointe de ginkgo et de warfarine à un risque plus élevé d’événement hémorragique (rapport de risque de 1,38). Cette divergence ne doit pas être interprétée comme une absence de risque, mais plutôt comme une raison de redoubler de prudence et de demander un avis professionnel avant toute association.

La prudence est de mise avec tous les médicaments qui fluidifient le sang : Anticoagulants : warfarine, mais aussi les anticoagulants oraux directs comme l'apixaban (Eliquis®), le rivaroxaban (Xarelto®) et le dabigatran (Pradaxa®). Antiagrégants plaquettaires : aspirine (même à faible dose), clopidogrel (Plavix®), prasugrel (Efient®), ticagrelor (Brilique®). Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) :* ibuprofène, naproxène, diclofénac, surtout s'ils sont pris régulièrement.

Il faut également signaler la prise de ginkgo avant toute intervention chirurgicale ou une simple extraction dentaire. Il est généralement recommandé de l'arrêter au moins une à deux semaines avant la procédure. Ne modifiez jamais seul un traitement anticoagulant ou antiagrégant qui vous a été prescrit.

Des interactions métaboliques ont aussi été étudiées. Le ginkgo peut influencer l'activité de certaines enzymes du foie (cytochromes P450, comme le CYP3A4 et le CYP2C19) qui sont responsables de l'élimination de nombreux médicaments. D’après l’EMA, ces effets semblent faibles et peu pertinents pour la plupart des médicaments, mais ils pourraient devenir significatifs pour les traitements à marge thérapeutique étroite (où une petite variation de concentration peut entraîner une inefficacité ou une toxicité). Des exemples incluent certains antiépileptiques (comme la carbamazépine) ou des immunosuppresseurs (comme la cyclosporine). Il est donc crucial que le médecin ou le pharmacien examine l'ensemble de vos traitements avant que vous ne commenciez le ginkgo. Cela inclut aussi d'autres compléments, comme le curcuma ou l'ail, qui peuvent également affecter la coagulation.

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Grossesse, allaitement et effets indésirables

Faute de données de sécurité suffisantes, l'usage du ginkgo est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, sauf avis médical explicite. Le NCCIH indique qu’il pourrait être dangereux pendant la grossesse, en raison d'un risque théorique de déclenchement de travail prématuré ou de saignement excessif lors de l’accouchement. Les données sur le passage des composants du ginkgo dans le lait maternel sont inexistantes.

Chez l’adulte, les extraits de feuilles standardisés ont généralement été bien tolérés dans les études cliniques, y compris sur plusieurs années. Cela ne veut pas dire « sans risque ». Les effets indésirables les plus fréquents sont généralement légers et transitoires : maux de tête, vertiges, palpitations, troubles digestifs (nausées, diarrhée). Des réactions cutanées allergiques (éruptions, démangeaisons) sont possibles, en particulier chez les personnes sensibles aux plantes de la famille des Anacardiacées (lierre toxique/poison ivy, sumac, écorce de mangue).

Les populations suivantes doivent faire preuve d'une prudence particulière ou éviter le ginkgo : Les enfants et adolescents de moins de 18 ans. Les personnes ayant un trouble de la coagulation connu (hémophilie, maladie de von Willebrand). * Les personnes souffrant d'épilepsie, car quelques cas de convulsions ont été rapportés, bien que le lien de cause à effet soit débattu.

Un complément ne doit jamais servir à expliquer, ni à masquer, une perte de mémoire progressive, des troubles de la parole ou tout autre symptôme neurologique. Ces signes nécessitent un diagnostic médical.

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Raisonner avant d’acheter ou de commencer

Avant de céder aux sirènes du marketing, une approche réfléchie en 5 étapes peut vous aider à prendre une décision éclairée.

  1. 01Définir le problème avec un professionnel. Une plainte de mémoire, des vertiges ou des jambes douloureuses ne sont pas des diagnostics. Ils peuvent être des symptômes de conditions très diverses : dépression, stress chronique, anémie par carence en fer, carence en vitamine B12, hypothyroïdie, apnée du sommeil, ou maladie cardiovasculaire. Consulter un médecin est le seul moyen d'identifier la cause réelle et de ne pas passer à côté d'un traitement nécessaire.
  1. 01Vérifier la préparation. Si, après avis médical, un essai est jugé pertinent, apprenez à lire l'étiquette. Recherchez un extrait sec de feuille, avec un ratio d'extraction élevé (ex: 35-67:1) et une standardisation en composés actifs (22-27% de glycosides de flavonol, 5-7% de lactones terpéniques). Méfiez-vous des produits mentionnant simplement « poudre de feuille de ginkgo » ou sans précision sur la concentration. La mention d'un contrôle des acides ginkgoliques (< 5 ppm) est un gage de qualité supplémentaire.
  1. 01Discuter du dosage et des interactions. La dose étudiée pour les troubles cognitifs est généralement de 240 mg par jour d'un extrait standardisé, souvent répartie en deux prises (matin et soir). Pour les troubles circulatoires mineurs, des doses de 120 mg peuvent être utilisées. Ne transposez pas ces chiffres à un produit non standardisé. Le plus important est de faire valider le produit et la dose par votre pharmacien, qui vérifiera l'absence d'interactions dangereuses avec vos autres traitements.
  1. 01Fixer un objectif mesurable. Si vous décidez de commencer, définissez un critère de succès concret. Qu'espérez-vous améliorer ? La capacité à retenir une liste de courses ? La distance de marche avant que la douleur n'apparaisse ? La fréquence des vertiges ? L'effet du ginkgo, s'il se manifeste, n'est pas immédiat. Il faut généralement attendre au moins 4 à 8 semaines. Un essai de 3 à 6 mois est raisonnable pour juger de son intérêt.
  1. 01Réévaluer et ne pas poursuivre indéfiniment. Si après la période d'essai, aucun bénéfice notable n'est observé, il est probablement inutile de continuer. La prise au long cours « au cas où » n'est justifiée par aucune donnée de prévention solide et vous expose inutilement au risque d'effets indésirables et d'interactions.

07FAQ

01Le ginkgo peut-il prévenir la maladie d’Alzheimer? Non. Le grand essai clinique GEM, mené chez plus de 3 000 personnes âgées pendant environ six ans, a clairement montré que la prise quotidienne d'un extrait de ginkgo standardisé ne réduit pas le risque de développer une démence ou la maladie d’Alzheimer.
02Peut-on associer ginkgo et anticoagulant? Non, pas sans un avis médical formel. Le risque d'augmentation des saignements est suffisamment plausible et documenté pour que cette association soit considérée comme à risque. Votre médecin et votre pharmacien doivent évaluer votre situation globale, le type de traitement et la préparation de ginkgo envisagée.
03Le ginkgo améliore-t-il la mémoire des personnes en bonne santé? Les données sont très incertaines et de qualité variable. La plupart des revues scientifiques concluent qu'il n'y a pas de preuve solide d'une amélioration mesurable de la mémoire, de l'attention ou de la concentration chez l'adulte jeune et en bonne santé. Une promesse marketing de « santé du cerveau » n'est pas une preuve d'efficacité.
04Quelle est la différence entre un extrait standardisé et une simple poudre de feuille ? La différence est énorme. Un extrait standardisé (ex: EGb 761) est un produit concentré et purifié pour garantir une teneur précise en composés actifs et un niveau très bas de substances toxiques (acides ginkgoliques). Une poudre de feuille est simplement la feuille séchée et broyée; sa composition est variable et sa teneur en actifs bien plus faible, tandis que celle en composés potentiellement nocifs est élevée. Les résultats des études cliniques ne s'appliquent qu'aux extraits standardisés.
05Le ginkgo est-il efficace contre les acouphènes ? Malheureusement, les preuves sont majoritairement négatives. De nombreuses études de bonne qualité ont conclu que le ginkgo n'était pas plus efficace qu'un placebo pour soulager les acouphènes, surtout s'ils sont installés depuis longtemps. Les sociétés savantes d'ORL ne le recommandent pas pour cette indication.
06Peut-il aider en cas de fatigue générale ? Le ginkgo n'est pas considéré comme un adaptogène ou un tonique général comme peut l'être le [ginseng](/fr/article/ginseng-fatigue-cognition-formes-preuves-precautions). Son action vise spécifiquement les fonctions cognitives et circulatoires. Une fatigue persistante doit faire l'objet d'une consultation médicale pour en trouver la cause.
07Combien de temps faut-il pour observer un effet ? Si le ginkgo a un effet, il n'est pas immédiat. Pour les troubles cognitifs ou la claudication, les études montrent qu'un essai d'au moins 4 à 8 semaines est nécessaire avant de pouvoir observer une éventuelle amélioration. Il est inutile de juger de son efficacité après seulement quelques jours.

Sources

Études évaluées par les pairs et références institutionnelles utilisées pour cet article.

  1. 1Wieland et al., Cochrane Database of Systematic Reviews· 2026
    Revue systématiqueContradictoire

    82 études, 10613 participants, dont 13 essais chez des personnes atteintes de démence · 10613 participants

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  2. 2Riepe et al., méta-analyse EGb 761· 2025
    Méta-analyseProbable

    4 essais, 782 personnes atteintes de démence légère · 782 participants

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  3. 3NCCIH (National Center for Complementary and Integrative Health)· 2024
    Recommandation officielleÉtabli

    synthèse officielle sur l'usage et la sécurité du ginkgo

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  4. 4Stoddard et al.· 2015
    Étude observationnelleLimité

    anciens combattants américains sous warfarine

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  5. 5DeKosky et al., essai GEM, JAMA· 2008
    Essai contrôlé randomiséÉtabli

    3069 adultes de 75 ans et plus, suivi médian de 6,1 ans · 3069 participants

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